Aides françaises à Haïti annoncées par Nicolas SARKOZY, Président de la République lors de la conférence de presse conjointe avec M. René PREVAL, Président de la République d’Haïti
Port-au-Prince – Mercredi 17 février 2010
LE PRESIDENT – Monsieur le Président, merci de votre accueil. Je serai bref. Je veux d’abord vous dire l’émotion que la tragédie haïtienne a soulevée en France. Les images que nous avons vues de votre réalité qui ne traduisent qu’imparfaitement les douleurs et les épreuves que vous avez subies ;ont suscité un grand mouvement de solidarité en France. Et je suis venu dire au peuple d’Haïti qu’il n’est pas seul.[…]
De cette catastrophe, il faut que vous fassiez un renouveau. Cela ne veut pas dire oublier les morts, cela ne veut pas dire oublier les souffrances mais au fond, cela veut dire tourner le dos aux erreurs du passé. La France sera à vos côtés sur le long terme. D’abord la France ne veut pas d’une tutelle internationale sur Haïti. Voilà que vous êtes un des pays les plus pauvres au monde et que vous venez de subir l’une des catastrophes les plus violentes au monde. Mais le peuple d’Haïti est debout, vous devez, Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, définir les conditions d’un consensus national pour poser les bases d’un projet national qui vous appartient. […]
La France vous aidera, je suis venu vous annoncer 326 millions d’euros d’aide, ça fait presque 500 millions de dollars, qui seront utilisés pour 180 millions pour de l’aide à la reconstruction avec notamment une aide budgétaire, pour 56 millions par l’annulation de la dette. Je connais bien l’histoire entre nos deux pays. Et la question de la dette. C’est ma réponse avant même qu’on pose la question. Même si je n’avais pas commencé mon mandat au moment de Charles X, ici je ne peux pas en être tenu pour responsable, j’en suis quand même responsable dans la pérennité et dans la continuité de la France. Mais nous allons annuler votre dette et nous allons prendre des dispositions très concrètes, je ne veux pas vous les imposer toutes. Nous allons prendre en charge l’abri et l’hébergement temporaires de 200 000 personnes en fournissant des tentes et des bâches. Nous allons mettre à votre disposition 260 véhicules de police, de gendarmerie, d’ambulances, de voitures de pompiers. Nous allons reconstruire l’hôpital de l’Université d’Etat de Port-au-Prince. Nous allons vous envoyer des jeunes du service civique pour re-scolariser vos enfants, tous ces enfants que j’ai vus, qui non contents de vivre sous des tentes, ne vont même plus à l’école. Nous allons mettre à votre disposition un terrain d’un hectare dans le centre de Port-au-Prince pour reloger une partie des services de l’administration. Nous allons vous envoyer plusieurs dizaines de tonnes d’engrais, de semences, parce que je sais que la campagne agricole commence au mois de mars. Et puis nous allons jouer un rôle avec Bernard KOUCHNER et Alain JOYANDET dans la conférence de reconstruction du 31 mars à New York. […] S’il y avait quelques questions ? […]
QUESTION – Monsieur le Président, tout d’abord vous avez annoncé pas mal de projets ici en Haïti et plus de 300 millions d’euros comme vous dites, beaucoup de dollars américains. Quand aura-t-on la concrétisation de ces projets que vous venez d’annoncer ici au Palais national ? […]
LE PRESIDENT – D’abord, quand va-t-on commencer l’aide ? Elle a déjà commencé. Je prends un seul exemple, je n’en ai pas parlé mais il y a un problème de sécurité, vous le savez bien. Nous venons de décider d’envoyer un escadron supplémentaire de gendarmes mobiles, c’est une affaire qui va se régler dans les jours qui viennent. Vous aurez 200 gendarmes qui vous aideront. Les tentes et les bâches arriveront, c’est une affaire de quelques jours voire de quelques semaines. Et même l’aide budgétaire Monsieur, puisque nous avons prévu 40 millions d’euros d’aide budgétaire. Le Premier ministre et le ministre des Finances nous indiquaient, Monsieur le Président, qu’au mois de janvier vous avez eu 20% des recettes que vous attendiez. Nous allons la débloquer tout de suite.